Un Donald ça trump, ça trump énormément …

Le congrès des Etats-Unis adopte le National Defense Authorization Act. Les européens sont toujours sous le choc du «National Security Strategy» édicté par Donald Trump. Certains comme notre Ministre de la défense ou comme le Président du MR n’y trouvent rien à redire. D’autres s’inquiètent à juste titre cette vision de l’Europe vouée «à un risque d’effacement civilisationnel» ou à cette ingérence en faveur des forces de la droite-extrême. Sans compter le véritable abandon de l’Ukraine et le coup de canif dans l’alliance transatlantique. VoirLa stratégie de sécurité américaine

Mais voilà que John Thune, le chef de la majorité républicaine au Sénat, salue l’adoption par le Congrès du National Defense Authorization Act (NDAA). Rien de bien normal ! Mais en ce qui concerne l’Europe certains points de cette loi de programmation militaire sont en complète opposition au document trumpien.

Ainsi, le document
• anticipe pour 2026 quelque 400 millions de dollars d’achats par Washington d’équipements militaires américains à destination de Kiev, «afin de continuer à lutter contre l’invasion russe».
• autorise également l’Initiative de sécurité balte et prévoit 175 millions de dollars pour soutenir la défense de la Lettonie, de la Lituanie et de l’Estonie.
• maintient la présence des États-Unis sur le sol européen. Et empêche le Pentagone de réduire le nombre de soldats américains déployés en Europe sous la barre des 76.000 sans justification auprès du Congrès.


Evidemment, il ne faut pas s’y tromper : cette loi s’inscrit dans la vision trumpienne de «la paix par la force». Elle préconise un budget annuel global de plus de 900 milliards de dollars, en augmentation de cinq milliards.

Diverses priorités y figurent, comme entre autres :
• la construction de davantage de navires militaires « pour aider à réduire l’écart » avec les capacités de construction navale de la Chine
• également l’établissement du « dôme d’or » antimissile cher à Donald Trump
• faciliter les processus d’achats du Pentagone par l’élimination de dizaines de règles et lois pesantes
• moderniser la flotte d’hélicoptères de combats, etc.

Last but not least. Le NDAA ne prévoit pas non plus de financement pour changer le nom du ministère de la Défense en ministère de la Guerre, ce que Donald Trump souhaite, mais ne peut faire sans l’accord du Congrès. Comme quoi, il ne suffit pas de signer théâtralement un décret dans le bureau oval, pour qu’il soit automatiquement mis en œuvre !

Ces vicissitudes de la démocratie américaine, avec ses penchants autoritaires, ses contradictions internes, ne doivent pas nous faire perdre de vue que les Etats-Unis restent la puissance impérialiste dominante et ne renonceront ni à leur volonté de puissance, ni à leurs investissements militaro-industriels. Et ils continuerons à peser sur le destin d’une Europe à la croisée des chemins.

Source : L’ECHO 18/12/2025