Harro sur les mutuelles ! « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose »

Georges-Louis Bouchez, s’en est prit aux mutuelles, à plusieurs reprises. Elles accumuleraient un «pactole de 6 milliards d’euros» sur le quel elles ne paient aucun impôt et il remet en cause leurs rôles dans la gestion de nos soins de santé.

Réagissant à ces propos Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, a répondu aux attaques du président du MR. Il a tenu à mettre les choses au point sur les aspects légaux, techniques. Et de rappeler leur rôle au cœur de nos système de santé. (Voir ci-dessous)

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Mais il a tenu également à préciser que « Quand on est en mauvaise passe politique, on invente des fables mensongères ». 1 Car, les propose de GLB doivent aussi être perçus comme une offensive «idéologique».

Haro sur les mutuelles ! Un mantra d’un néolibéralisme de plus en plus autoritaire. Qui accompagne ce projet « d’une société réduite au marché », c’est aussi une rhétorique néolibérale et s’étend aux chômeurs, aux allocataires sociaux, aux familles défavorisées … Mais déborde aussi, sous des formes plus sophistiquées, pour stigmatiser d’autres catégories de la population laborieuse. Ou d’autres organismes : syndicats, organisations culturelles éducatives …

Pour réagir ? Un front commun DES mutuelles, DES syndicats et DES partis de gauche bien sûr. Mais n’oublions pas de téléphoner aux Engagés, pour voir s’il sont encore au poste. Si je ne m’abuse, il y a une Ministre-présidente qui fut une responsable mutuelliste !

Car, dérrière ce discours musclé, se déploie une attaque de plus grande envergure : s’en prendre à une conquête majeures de nos luttes sociales.

N’oublions pas que les mutualités sont nées des caisses de secours mutuel du mouvement ouvrier à une époque où les libéraux se souciaient fort peu de la santé du «petit peuple». Aujourd’hui intégrées à notre système de sécurité sociale, elles restent un système de prévoyance et de secours qui échappe aux règles aveugles du marché.

« On n’attaque pas les mutualités par hasard. » (Jean-Pascale LabillE)

On les attaque parce qu’elles sont un obstacle à un projet : transformer la santé en marché. Faire disparaître un modèle non marchand, de proximité, solidaire, pour le remplacer par une machine froide d’un côté, et un business juteux de l’autre.

Une mutualité, c’est un bouclier. L’argent des soins de santé, c’est un coffre communautaire rempli par chacun·e, année après année, pour que chacun·e soit protégé face aux risques. Les mutualités en sont les gardiennes. Et autour, certains actionnaires tournent comme des vautours, prêts à forcer le cadenas pour se servir en premier.

Alors oui : tous les moyens sont bons pour discréditer les gardiens du trésor. Une polémique sur les “bénéfices”, une attaque médiatique, une réforme présentée comme du “bon sens”… Mais ces attaques cachent un choix de société.

Leur projet pour demain est connu : on retire aux mutualités la gestion de l’assurance obligatoire, on la confie à une administration d’État sous-financée, gérée à distance. Moins de proximité, moins d’accompagnement, moins d’humain. Puis on laisse la protection s’éroder : remboursements qui baissent, suppléments qui explosent, hôpitaux publics saturés. On crée l’angoisse. Et quand les gens doutent d’être couverts demain, on leur vend “la solution” : le marché. Les assurances privées arrivent comme des sauveurs… mais seulement pour ceux qui peuvent payer, en écartant les profils jugés trop risqués.

C’est une transition vers une santé à l’américaine : un socle minimal pour tous, et un marché de la peur pour le reste. Et derrière, des acteurs privés qui ouvrent des services “rentables” comme on ouvre des franchises : soins à domicile, maisons de repos, centres médicaux…

Aujourd’hui, en Belgique, nous avons un modèle où l’assurance obligatoire est gérée par des organismes non lucratifs, sans actionnaires : mêmes droits, mêmes protections, pour tous. Un service global et de proximité : remboursements, indemnités, accompagnement, prévention, réseau socio-sanitaire. Un contre-pouvoir qui empêche la santé de devenir un marché.

Ce modèle doit être amélioré, pas démantelé. Car pendant qu’on détourne le débat, le vrai danger avance : une austérité dans les soins de santé qui fait peser un risque sur toute la population. Source : LinkedIN 6/12/2026

  1. Le SOIR, 12/1/2026 ↩︎