Nous avions déjà évoqué [Où va l’Europe ? A la lumière du cas hongrois … ] les investissements chinois pour les batteries et les voitures électriques en Hongrie. Voilà maintenant que l’Empire du Milieu fait encore mieux pour la réduction des émissions de CO2 : 40.000 km de lignes de train à grande vitesse.
Nous reprenons ici un article du site UITPERS – INTERNATIONALE POLITIEK
Le rapport « World Energy Outlook »de l’IEA (Internationaal Energiebureau) révèle une information surprenante : le réseau ferroviaire à grande vitesse chinois contribue bien plus à la lutte contre le changement climatique que toutes les voitures électriques. Le rapport indique que l’électrification de ce mode de transport a permis de réduire la demande de pétrole de 1,5 million de barils par jour d’ici 2024. C’est plus que l’impact mondial des véhicules électriques.
Selon ce rapport, la Chine démontre au monde l’importance du transport ferroviaire dans la lutte contre le réchauffement climatique. La Chine privilégie depuis longtemps le transport ferroviaire au détriment du transport routier et aérien. Plusieurs compagnies aériennes ont vu leur nombre de passagers chuter de façon spectaculaire ces dernières années, car de nombreux voyageurs se tournent vers le train.
Le réseau ferroviaire à grande vitesse a transporté 3,4 milliards de passagers en Chine l’année dernière.
L’expansion du réseau ferroviaire chinois, et notamment du réseau à grande vitesse, est donc impressionnante : il couvre déjà 40 000 kilomètres, ce qui signifie que les trois quarts du trafic ferroviaire à grande vitesse mondial transitent par la Chine.
De plus, son expansion se poursuit. Le réseau ferroviaire chinois est déjà électrifié à 70 %. Un train électrique n’émet en moyenne que 1 % des émissions de CO2 d’une voiture particulière pour une même distance, et huit fois moins qu’un avion. Pour le transport de marchandises par rail, ce chiffre n’est que de 3 % par rapport au transport routier.
Qu’en est-il des voitures électriques ? La comparaison avec le transport ferroviaire est loin d’être pertinente. Les voitures électriques sont devenues très lourdes, ce qui contribue à leur impact limité. Selon une étude menée en Norvège, où le parc automobile est majoritairement électrique, les véhicules électriques ne réduisent les émissions que de moitié. En Chine, les mêmes conclusions s’imposent concernant le transport de marchandises par véhicules électriques : une réduction deux fois moindre.
Ce rapport devrait être lu attentivement par les décideurs politiques des secteurs des transports, de l’énergie et de l’environnement afin qu’ils reconnaissent à nouveau l’importance du transport ferroviaire par rapport au transport routier et qu’ils agissent en conséquence.
Freddy De Pauw – 27 novembre 2025 – UITPERS site néerlandophone d’informations internationales
Et l’Europe dans tout cela …
Oui que les décideurs agissent en conséquence, particulièrement en Europe. Mais là le bat blesse …
La Commission européenne vise les 30.000 km à l’horizon 2040 ! Mais avec encore de nombreux obstacles à commencer par trouver les centaines de milliards d’euros (entre 345 et 550 milliards €) d’investissements, la mise sur pied des partenariats public-privé, l’harmonisation des systèmes ferroviaires techniques différents entre pays, etc.
Sans compter, que si on prend l’exemple du Green Deal, les grands projets européens sont souvent remis en cause dans la durée.
Le Green Deal, [rendre l’UE moderne, efficace dans l’utilisation des ressources et compétitive, en investissant dans les technologies propres et les infrastructures vertes] a été adopté en 2020 et depuis décliné en en lois et règlements adoptés par le Parlement et le Conseil. Des débats récents portent sur la complexité des règles et la pression pour simplifier ou ajuster certaines réglementations. Si bien que, par exemple, récemment la perspective dru stop à la voiture thermique en 2035 a été remise en cause, par les constructeurs automobiles. Les objectifs ont dont été revus à la baisse, ou supprimés.